Geneviève Boireau - Lassiaz

Depuis mon enfance,  le rythme des "coulées" de nuit des hauts-fourneaux dans l’usine où travaillait mon père, a nourri ma complicité avec l'acier inoxydable.

Autorisée à être spectateur, en retrait, j'étais présente quand la cuve basculait pour déverser la matière liquide à plus de 800°C.

C'était fantastique : les hommes, la chaleur, la lumière éblouissante, l'odeur et le bruit de cascade faisaient un ballet sidérant.

De retour à la maison commençaient mes rêveries où l'inox n'était jamais le même, la lumière vivifiant la matière.

L'inox était vivant et l'enfant que j'étais imaginait un univers entier où tout était lumière.

Mes rêves sont demeurés inoxydables et mes sculptures murales subliment ce médium, fenêtre ouverte sur tous les possibles.